Le bore out m’a tuer!

Être payé à ne rien faire n’est pas forcément un rêve pour tout le monde. De nombreux salariés, qui passent la majorité de leurs journées à tuer le temps, sont victimes de fatigue, de déprime, de baisse de l’estime de soi, ce qui peut mener au bore out.

Qu’est-ce que le bore out ?

Le bore out, que l’on peut traduire par syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui, est un trouble psychologique. Il est engendré par le manque de travail, l’ennui et l’absence de satisfaction dans le cadre professionnel. Ce syndrome concernerait surtout les salariés du secteur tertiaire, selon Wikipédia. De nombreux salariés ont déjà été confrontés à une période creuse en terme d’activité, dans leur emploi. Mais pour d’autres, le manque d’activité professionnelle est quotidien.

Un syndrome encore tabou

L’épuisement professionnel, également appelé burn-out, commence à être reconnu en tant que maladie professionnelle. Le bore out, quant à lui, demeure encore tabou même s’il concerne près de 30 % des salariés, selon 20 minutes. Car occuper un emploi dans lequel il n’y a rien à faire peut être un supplice. Cette situation implique en effet un manque de stimulation intellectuelle qui dévalorise le salarié et qui provoque du stress. Afin de pallier cette souffrance psychique, de mauvaises habitudes peuvent être prises comme l’augmentation des pauses cigarette, le grignotage ou même le recours à l’alcool. Une étude anglaise nommée « Bored to death » explique que les salariés qui s’ennuient sur leur lieu de travail présentent plus de risques d’accident cardiovasculaires que les salariés qui jouissent d’un travail stimulant.

Un témoignage saisissant

Nous avons pu interviewer Stéphane, victime d’un bore out en 2014 : « Mis au placard pendant 3 ans, j’ai été victime d’un bore out en avril 2014. Je revenais d’un week-end en famille et j’ai fait une crise d’épilepsie au volant de ma voiture, sur l’autoroute. Quelques jours plus tôt, j’étais prêt à donner ma démission à mon employeur. L’ambiance était devenue tellement pesante au bureau… » Stéphane s’est réveillé le lendemain à l’hôpital, sans souvenirs de l’accident. Il a eu un choc en visionnant les images filmées par la caméra embarquée.

« J’ai rapidement fait le lien avec un événement survenu quelques semaines plus tôt, lorsque je me suis réveillé avec la langue en sang. Je ne me souvenais de rien, c’était en fait ma première crise d’épilepsie. Le neurologue m’a confirmé à l’hôpital que j’étais victime de bore out, je ne connaissais pas ce terme. »

Lucide, Stéphane analyse les raisons qui l’ont mené à cet état

« Pendant trois ans, j’ai vécu dans un déni total de ma situation. J’arrivais à me convaincre que j’étais heureux malgré ma mise au placard, qu’il y avait plus malheureux que moi, les chômeurs ou les SDF. Je souffrais, mais j’existai socialement. Je m’en veux de ne pas avoir ouvert les yeux durant cette période ».

Il conclut :

« Les séquelles de mon bore out sont lourdes. Je ne peux plus marcher correctement, je souffre de tremblements, de vertiges, de pertes de mémoire et j’ai un traitement antiépileptique à vie. Je suis toujours en arrêt maladie 5 mois après mon accident. J’ai été licencié au motif que mon absence désorganisait l’entreprise. Je vais me battre aux prud’hommes pour obtenir réparation, faire annuler le licenciement et surtout faire reconnaitre la responsabilité de l’entreprise dans mon bore out ».

Vous aussi, vous êtes victime de Bore Out ou pensez en souffrir? Parlez-en autour de vous, n’ayez jamais honte d’avouer un bore-out; il faut le traiter vite et partir tant qu’il est encore temps.

 

Article écrit par Pauline Lahary, de Mycvfactory
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